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| IIemes Jeux de Fers Espace Duchamp-Villon / Rouen |
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| 12 janvier 1990 | ||||||||||||
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Revue de presse par Pascal Colé " La première des Jeux de Fers a eu lieu en 1986 à Rouen. "Jétais alors étudiant aux beaux-arts et javais obtenu la possibilité de réaliser un de mes projets : une cage de fer suspendue sous les voûtes de labbatiale St-Ouen. Jai fait un double des clés et je suis revenu dans la nuit accompagné dune équipe de tournage. Un homme a été enfermé dans la cage et nous lavons précipité 22 fois contre la plaque dacier qui faisait office de gong" se souvient avec amusement Olivier Tarabo. A présent, les Jeux de Fers sont plus élaborés et se tiennent en public. Le spectateur déambule au milieu dune multitude de machines dacier, belles, imposantes et complexes. Des mécanismes comme aurait pu en créer un cerveau composé à la fois des méninges de Léonard de Vinci et de celles du Marquis de Sade. Plusieurs scènes captivantes se superposent comme dautant de petits contes cruels. Ici, un homme peine debout sur un pédalier qui actionne des mouvements de va-et-vient verticaux. Là, un autre à plat ventre fait pivoter un bras de grue de 9 mètres de long qui frôle le sol en grattant des cordes de guitares. Plus loin, deux hommes harnachés comme des gladiateurs saffrontent entre deux grands cônes métalliques qui résonnent sous leffet des corps projetés. A coté, deux combattants torse nu rivalisent, prisonniers dun rail qui les fracassent contre un mur bardé de cordes de piano. Les hommes, simples éléments parmi dautres, font corps avec les machines conçues comme des sculptures mobiles et sonores. Sortie de la clandestinité, la cage en fer, digne des temps de linquisition est également là. A lintérieur un homme nu se mue en instrument de percussion vivant dans un vacarme assourdissant. Pendant ce temps, des rats dressés tournent leur roue et, par frottement, jouent de la vielle. Des danseurs fendent la foule et tombent à genoux devant des monticules dargile. A pleines mains, soutenus par une musique enivrante, les danseurs se recouvrent de terre. Leurs corps deviennent ocre. De longs fils de chanvre sortent de leurs bouches. Leurs têtes sagitent violemment. Leurs dos, leurs épaules , leurs cuisses sont fouettés par les tresses boueuses. Du "body art" palpitant. Devant, derrière, en haut, au ras du sol, se joue une tragédie effrayante et émouvante. Le spectacle est total. Partout, lhomme est représenté sous une forme très primitive, petit rouage dun monde fou, artisan de sa propre souffrance. " |