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| Performance de la Cage Abbatiale St Ouen, Rouen |
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| 18 janvier 1986 | ||||||||||||
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Saint-Ouen Le pot de chair contre le pot de fer |
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| Les vénérables voûtes de Saint-Ouen n'en sont pas encore revenues: vendredi dernier, le 18 janvier à 18h. précises, un homme nu enfermé dans une cage de fer sphérique suspendue à une poulie à 2 mètres du sol, a été précipité vingt-deux fois contre une énorme plaque de tôle, suspendue elle-aussi, faisant office de gong. Mais il ne s'agissait pas de quelque subtile torture moyenâgeuse et inédite. Fred, le "marteau" vivant, est ressorti transi par le froid vif, mais indemne, de son étrange prison. Et fier d'avoir, avec les autres membres de la formation "Rosa + Crvx", un groupe d'artistes hors du commun, mené à bien ce qu'il appelle une "performance" artistique, c'est-à-dire une action éphémère, impliquant le corps de l'artiste dans une mise en scène destinée à n'être réalisée qu'une seule et unique fois. Et cette fois-là, comme toute oeuvre qui se veut d'art, la mise en scène avait un "titre": "Jeux de Fers". Le dispositif mis en place à Saint-Ouen, et qui pouvait être vu durant l'exposition des travaux des élèves des Beaux-Arts qui s'y est tenue récemment, c'est, explique Olivier Tarabo, le concepteur et créateur de |
l'étrange objet, un "instrument de musique vivant", dont le coeur est l'artiste enfermé dans le bizarre téléphérique de fer d'un mètre de diamètre. Les joueurs de cet instrument, c'étaient les deux "officiants" - vêtus un peu comme des samouraïs, de très amples pantalons et pieds nus - qui ont tiré sur une corde vingt-deux fois, pour éloigner la cage du gong, avant de tout lâcher pour que cette cage aille frapper ce gong. On n'était certes pas dans les caves de Gilles de Rais et Saint-Ouen n'est pas Tiffauges. Mais sous les voûtes solennelles du transept, devant la petite foule d'une trentaine de personnes, lorsque le "supplicié" a été introduit dans sa cage et que les coups violents ont commencé à résonner dans l'église, l'Ange du Bizarre, pour un moment, s'est installé chez Saint-Ouen. Le bizarre, ou son impresson, c'est souvent facile à créer. Là, il y avait en plus de l'ingéniosité, et on peut, pourquoi pas, rendre hommage aux acteurs de cette séquence surréaliste pour avoir, ce n'est déjà pas si mal, si bien organisé cette petite folie, franchement rejouissante. Paris-Normandie 24 janvier 1986 |