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| Premier Article de presse Fanzine "On A Faim" par Jean-Pierre Levaray |
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| Fevrier 1985 | ||||||||||||
ROSA+CRVX. A nul autre pareil. Musique, performance. Mêlant le rock aux chants grégoriens. Une musique personnelle, de la new-wave (?) à laquelle il serait absurde de faire des rapprochements avec des groupes plus connus. Un chant, ni en anglais, ni en français, même pas en latin, juste une incantation pour le plaisir sons. Un groupe minimal (2) qui peut devenir 15, suivant les besoins, les envies. Un synthé, une guitare, une boite a rythme, des voix, mais aussi des percussions, de la boue, du feu ... une cage. Rosa+Crvx, un groupe d'atmosphère: angoisse, feu, création. |
" Ceci n'est pas un concert, ceci n'est pas du théâtre. Musique et performance se mêlent pour former une série de scènes. Afin de ne garder que l'essence même de l'idée, ces scènes ont été débarrassées de leur coté anecdotique. Elles peuvent être interprétées isolément; toutefois, leur signification prend toute sa valeur quand elles sont jouées ensemble. Elles deviennent alors le prétexte d'une réflexion qui sera propre à chacun. C'est le spectateur qui fait l'histoire. Rien de ce qui peut contribuer à donner une image sombre de la condition humaine n'est exclu: un homme est enfermé dans une cage, il est projeté contre une plaque métallique. Cette torture lui est infligée uniquement parceque le son obtenu est agréable à entendre.L'être est dépourvu de toute conscience et n'est représenté que sous sa forme la plus primitive: un homme prend de la boue et s'en recouvre le corps avec une violence bestiale. Il se mêle à la matière. De grandes peintures à la terre sur toi1e noircie sont suspendues dans l'espace et ondulent comme des drapeaux. Il flotte dans l'air un reste d'encens, une effigie humaine est brûlée. Les acteurs n'ont pas de rôle précis; les scènes sont vécues et non jouées, en effet dans la cage, l'homme a réellement subit un choc violent. Tout ceci porte les actes à la dimension du réel. Le spectateur se trouve dans une situation ambiguë Il est public, mais il est aussi témoin et donc complice de ce qui se passe devant lui. |
| Les acteurs
disposent des quatre éléments: air, terre, eau, feu: ils les confrontent et les
manipulent ensemble. Le discours étant plus axé sur la Matière, la Terre et le Feu ont
été privilégiés. Incidents et imprévus se mêlent et la mise en scène évolue
suivant la réaction capricieuse des éléments. Le spectacle se déroule chaque fois de
manière différente et parfois surprenante. "Adonaï Eloe Eloe... Le flambeau est allumé. Deux hommes retirent le drap qui recouvre la grande cage suspendue... Les musiciens partent sur une cadence folle, alors une machinerie infernale s'enclenche..." |
| Un personnage
entre, vêtu d'un drap noir, derrière lui, deux hommes, ils transportent des têtes
humaines momifiées. Suivant un ordre rituel, ils les disposent au cercle sur le sol. Au centre du cercle, le personnage s' est agenouillé et s'est dévêtu, son corps a été blanchi, une liasse de cordes et de noeuds pend de sa bouche et la tient ouverte. A ses pieds un récipient rempli de boue, l'homme y plonge ses mains et projette la boue sur lui, son corps blanc est strié de longues traînées qui arrivent par giclées et qu'il étale ensuite sur lui en mouvements désordonnés. Toutefois ses gestes sont des rituels. Il semble qu'ils soient une sorte de rituel de la mort. Le morceau de musique se termine, on entraîne le personnage dans les coulisses. |